Accueil > Approvisionnement, Formation, Gouvernance > Le logiciel libre et la formation

Le logiciel libre et la formation

Capital humain

Les deux prochains billets proposent aux lecteurs d’aborder le logiciel libre sous l’angle de la gestion de la connaissance. La partie I du billet est une introduction à l’aspect stratégique du développement des compétences en TI. Quant à la partie II, elle fera une revue de différents logiciels libres soutenant l’activité de formation. Selon une perspective économique, les employés représentent une ressource importante de l’entreprise, soit un capital humain.  Ce type de capital géré adéquatement conduit à la créativité et à l’innovation. Géré inadéquatement, le capital humain s’érode sous l’effet de l’obsolescence et de l’inflation (hausse du niveau) des compétences. Le gouvernement du Québec a reconnu cette réalité en adoptant La loi favorisant le développement de la formation de la main-d’œuvre (Loi 90 ou Loi du 1 %).

Déficit de connaissances (Dc)

Dans un benchmark commandité par la société Actuate sur l’adoption du logiciel libre, 58,2 % des répondants perçoivent la disponibilité de ressources internes qualifiées en logiciel libre comme un frein. L’Asie fait état d’une situation similaire, mais prétend avoir mis en place des actions correctives pour combler le déficit de connaissances (Maîtrise des habiletés – Inventaire des habilités=Dc)1. L’écart entre l’offre et la demande de professionnels TI qualifiés en logiciel libre confirme un changement au sein des entreprises. Cette tendance est confirmée par les répondants français (61,6 %) du benchmark qui affirment privilégier ou considérer comme option l’approvisionnement d’un logiciel libre. Le groupe Gartner prévoit que, d’ici 2012, 80 % des logiciels commerciaux contiendront des composantes libres. Pour ne pas manquer le train, les entreprises et les professionnels en TI doivent s’outiller pour maîtriser le logiciel libre.

Un déficit de connaissances au niveau des acteurs de première ligne (professionnels en TI et gestionnaires) a un impact direct sur l’adoption du logiciel libre. Les professionnels en TI et les gestionnaires sont appelés à évaluer les critères (qualité, prix, mérite technique, fonctionnalités, coût total de possession, etc.) de sélection des logiciels. Cette observation ne minimise pas l’importance de la formation des utilisateurs et l’impact sur la gestion du changement. D’un point de vue pragmatique, le déploiement d’un nouveau logiciel, propriétaire ou libre, représente toujours un changement pour l’utilisateur.

Sources des besoins

Plusieurs facteurs sont responsables d’un déficit de connaissances en logiciel libre. Voici certains éléments déclencheurs identifiés via des articles sur le Web:

  • Les besoins du marché.
  • Lieux et parcours de formation insuffisants.
  • La gouvernance.

Les besoins du marché

Les organismes de formation (scolaire et formation continue) effectuent une opération de veille et ajustent l’offre de cours en fonction de leur lecture des besoins du marché. À leur tour, les apprenants influencent l’offre de cours en demandant des formations sur les logiciels (propriétaires et libres) jugés les plus populaires.

Plusieurs organismes de formation ont suivi la tendance du marché et offrent des cours basés sur le logiciel libre. Toutefois, il faut noter la présence non négligeable de logiciels propriétaires dans le cursus des organismes de formation. Plusieurs cours sont basés sur des logiciels propriétaires (PGI et gestion de projet). Des alliances (SAP University Alliances Community)  entre institutions d’enseignement et éditeurs permettent aux différentes parties prenantes d’y trouver leur compte. L’université obtient une subvention et l’éditeur le droit de promouvoir son produit et d’apposer sa marque sur le matériel pédagogique. Une certification sur un logiciel propriétaire prisé par les employeurs exerce un attrait sur l’étudiant soucieux d’augmenter son employabilité. Il faut se questionner si la formation sur des logiciels propriétaires ne produit pas l’effet opposé à celui de la mobilité. Une compétence en logiciel libre serait-elle un atout dans le CV d’un finissant cherchant à intégrer le marché du travail?

Parcours et lieux de formation

Le finissant a eu l’opportunité d’expérimenter les logiciels propriétaires et libres durant sa formation initiale. Qu’en est-il des professionnels en TI déjà sur le marché du travail? Peuvent-ils obtenir une certification pour tous les logiciels libres sur le marché? Quels sont les parcours et lieux de formation pour le logiciel libre?

Plusieurs pistes s’offrent aux gestionnaires et professionnels en TI intéressés à combler le déficit de connaissances en logiciel libre. Il existe deux parcours, la formation initiale (cégep et université) et la formation continue (ateliers, communautés de pratique, éditeurs, centre de recherche, académies, auto-formation, etc.). La formation initiale s’inscrit dans un programme (p. ex. MBA) et combine formation théorique et pratique. Quant à la formation continue, elle est axée sur une application concrète et pratique et conduit à l’obtention d’un certificat de participation. La formation continue sous-entend une responsabilité partagée entre l’employeur et de l’employé.

Certains marchés comme celui de l’Asie-Pacifique ont été pris de court par l’intérêt suscité par le logiciel libre. Les parcours et lieux de formation se sont avérés insuffisants pour faire face à la demande. Les entreprises et des représentants (Red Hat et IBM) de l’industrie du logiciel libre ont mis sur pied des initiatives (Open Source Collaborative Innovation) pour répondre au défi. La situation du marché de l’Asie-Pacifique est-elle un signe précurseur de la rareté des professionnels en TI qualifiés en logiciel libre?

Gouvernance

Un processus d’approvisionnement classique a tendance à exclure le libre du processus d’appel d’offres ou à évaluer incorrectement les aspects non techniques (qualité, support, flexibilité, pérennité, etc.) du logiciel libre. Cette pratique d’approvisionnement n’est plus adaptée au besoin de gouvernance et ne supporte pas les politiques d’approvisionnement favorisant (adoption-led market) le logiciel libre. Les gestionnaires et les professionnels en TI doivent s’outiller pour travailler dans un nouveau paradigme.

En attendant des politiques d’approvisionnement à l’exemple du IDABC European eGovernment Services, il faut doter les décideurs d’outils pour évaluer adéquatement les logiciels libres. Une bonne pratique consisterait à utiliser une matrice de décision avec des critères pondérés qui accorderaient une juste place aux aspects non techniques.

Outils de la formation

Le billet a présenté le logiciel libre sous l’angle de la mise en valeur du capital humain. Il a tenté d’identifier certaines sources de besoins de formation et des exemples de parcours de formation. La partie II du billet poursuivra la réflexion, cette fois en explorant les outils à la disposition des gestionnaires de la formation et des formateurs.

Note 1:  Aubé L. (2000). EDU 2700 : Planification de l’enseignement, UQAM, Monttréal.

Collaboration de l’équipe entrepriselibre

Publicités
  1. 6 novembre 2010 à 08:18

    Bonjour,
    Votre article est très intéressant et montre les lacunes de notre système d’éducation actuel face aux logiciels libres. En effet, trop souvent des initiatives tel que MSDN academic alliance (http://msdn.microsoft.com/fr-ca/academic/default.aspx) font en sorte de limiter l’offre de formation des futurs professionnels des TI aux logiciels propriétaires seulement. Par exemple, lorsque j’ai fait mon baccalauréat en informatique à L’Université Laval, je n’ai eu aucun cours sur les logiciels libres dans toute ma formation. Ce n’est qu’une fois rendu sur le marché du travail que j’ai pu commencer à expérimenter cette réalité.

    De plus, comme vous le mentionnez, l’aspect gouvernance est aussi très important. En effet, même si plusieurs professionnels en logiciels libres sont disponibles sur le marché, le fait que ces solutions ne soient même pas envisagées au niveau des entreprises est un frein à l’expansion du logiciel libre. Par exemple, au niveau du gouvernement du Québec, le logiciel libre est souvent complètement ignoré. C’est d’ailleurs pourquoi la firme Savoir Faire Linux avait intenté une poursuite contre le gouvernement qui avait favorisé automatiquement les produits Microsoft sans même faire aucun appel d’offre (http://blogs.savoirfairelinux.net/cyrilleberaud/KMBT35020100602152155.pdf). Il est donc important de sensibilisé les décideurs aux logiciels libres et de les outiller pour mieux évaluer ceux-ci. L’introduction des logiciels libres dans notre société devra donc passer par la sensibilisation des gestionnaires aux avantages offerts par ceux-ci.

  2. Isabelle Mercier
    8 novembre 2010 à 19:03

    Bonjour,

    D’abord, merci pour votre commentaire. En ce qui concerne votre formation au BAC., savez-vous si on traite désormais du sujet des logiciels libres quelques années plus tard? Avez-vous utilisé des logiciels libres par vous-même en dehors des cours alors que vous étiez étudiant en informatique?

    Certains collèges et universités du Québec utilisent Moodle, un logiciel libre qui remplace Webct. C’est d’ailleurs le cas du Collège Maisonneuve, de l’Université Concordia, la Polytechnique, l’Université de Sherbrooke et l’UQAM (source : http://www.collim.org/node/17). Peut-être que l’Université Laval aura envie de suivre cette tendance également, qui sait ?

    En plus d’être gratuit, Moodle serait plus moderne que WebCT et offrirait les fonctions de WebCT en plus d’ajouts tels que la création de wikis et une meilleure gestion, par exemple.

    Le Collège Maisonneuve semble d’ailleurs ouvert aux logiciels libres car nous avons découvert, durant notre recherche pour ce billet, que celui-ci offrait des formations ouvertes au public sur les logiciels libres.

    • 8 novembre 2010 à 19:58

      Bonjour,
      Vous avez de très bonnes questions.
      Premièrement, en ce qui concerne les cours du bac en informatique, je ne crois pas que cela ait beaucoup changé depuis. Il se peut que je me trompe mais aucun cours ne semble traiter spécifiquement des logiciels libres (https://capsuleweb.ulaval.ca/pls/etprod7/y_bwckprog.p_afficher_fiche?p_session=200909&p_code_prog=B-IFT&p_code_majr=IFT&p_code_camp=). C’est quand même étonnant que l’on ne parle pas du tout de cet aspect dans un programme qui veut former de futur professionnels en informatique.

      Concernant webct, Moodle semble être une bonne solution libre qui pourrait potentiellement faire sauver beaucoup d’argent à l’université en plus d’amener plusieurs nouvelles fonctionnalités qu’on s’attend à trouver une une plateforme d’apprentissage en ligne et qui sont manquantes dans webct. Je crois que ce nouvel outil serait vraiment apprécié autant des élèves que des enseignants. Est-ce que quelqu’un sait si cette alternative a été étudiée par l’université Laval?

  3. Isabelle Mercier
    8 novembre 2010 à 20:45

    Bonjour,

    En faisant une petite recherche rapide sur Google, j’ai vu que l’Université Laval semble utiliser Moodle pour son école d’architecture : http://www.lima.arc.ulaval.ca/moodle/

    Peut-être que d’autres départements l’utilisent aussi ? Ce serait intéressant de l’utiliser à la FSA, surtout avec tous les cours qui se donnent à distance.

    Monsieur Di Marcantonio est peut-être plus informé concernant un tel projet ?

    C’est à suivre ! Comme vous le dites, si quelqu’un a des informations à ce sujet, nous serions curieux de les lire.

  4. 10 novembre 2010 à 00:59

    Bonjour,

    9 Novembre 2010

    Pour répondre à ta question isabelle, je me suis aussi intéressé au sujet de l’utilisation des logiciels libres au sein de notre très chère Université. Afin d’apaiser ma curiosité, j’ai trouvé un article de la cybress, « Québec prêt à ouvrir une porte au logiciel libre » , qui par son titre explique la position de notre gouvernement face à ce type de système d’exploitation. Par ailleurs, je vais m’attarder particulièrement sur les propos du directeur du département SIO de l’Université Laval, car ceci était la question initiale.

    « Le Québec pourrait se donner des outils qui stimuleraient le développement du logiciel libre, estime par ailleurs Daniel Pascot, directeur du département des systèmes d’information organisationnels (SIO) à la faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval.

    D’après lui, dans la mesure où nous pourrions recourir à un assez grand nombre de logiciels, il serait inutile de chercher à devenir un leader mondial sur quelques-uns seulement.

    Le développement de ces logiciels repose essentiellement sur la collaboration entre des spécialistes, souvent dispersés à travers le globe, rappelle-t-il. «Ceux qui décident dans le logiciel libre, ce sont ceux qui codent, ils contrôlent son évolution.»

    Alors, il n’a pas une réponse claire sur comment l’Université Laval désire intégrer et sur pourquoi que nous utilisons pas d’avantage les logiciels libres au sein de nos programmes d’études. Cependant, ceci est sûrement qu’une question de temps.

    De plus, selon moi, c’est un enjeu de société que de déterminer si l’on priorise les logiciels propriétaires face aux logiciels libres. Je m’explique. À la base, si l’on veut que les logiciels libres soient utilisés à l’Université Laval, il faudrait qu’il soient instaurés au sein des cégeps et voir même au sein des écoles secondaires ainsi que primaire. Car, au final, le résultat espéré, c’est que l’utilisateur maîtrise le logiciel. Dans la lecture de cette semaine soit « migrer vers openoffice » et particulièrement le PDF intitulé  » pourquoi utiliser ooo », on comprend la raison pourquoi les logiciels libres ont eu de la difficulté à se faire un chemin. Ainsi, dans le document, l’auteur fait part d’une situation qui m’a précisément surpris. En fait, il explique la ressemblance entre une personne qui achète une license WORD et l’autre qui pirate cette dernière. Dans cette situation, le résultat est le même, car au final, les deux utilisateurs finissent par devenir dépendants de ce logiciel, étant donné qu’ils maîtrisent uniquement ce logiciel. Alors, ma question que je me pose, pourquoi que les organisations comme SFL ( savoir faire Linux) ne tentent pas d’implanter le système Linux au sein des institutions scolaires de la même manière que Microsoft l’a fait ?

    En fait, un article trouvé le 3 juin 2010 expliquerait peut-être, pourquoi le SFL aurait de la misère à promouvoir et à implanter le système linux au sein de notre société. Qui sait ! C’est à suivre ……

    http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/science-et-technologie/201006/03/01-4286630-le-logiciel-libre-remporte-une-victoire-en-cour.php

    • 10 novembre 2010 à 19:48

      Une des raisons qui, selon moi, explique en partie pourquoi les logiciels libres ne sont pas implantés dans notre société est à cause de la publicité. Je m’explique. Dans le cas des logiciels propriétaires, ceux-ci ont d’énormes ressources marketing afin de promouvoir leurs produits que ce soit à la télé, dans les journaux, les revues spécialisées, etc. Tout le monde entend parler des logiciels propriétaires. De plus, ces entreprises ont de nombreux vendeurs qui se feront un plaisir d’aller rencontrer les dirigeants en entreprise pour leur vendre leurs produits et répondre à leurs questions. Du côté des logiciels libres, il faut faire un effort. Il faut d’abord savoir qu’il existe. Ensuite, il faut aller chercher des renseignements sur celui-ci, se trouver un fournisseur de service, etc. Bref, pourquoi les logiciels propriétaires sont utilisés au lieu des logiciels libres: parce que c’est plus facile pour les décideurs.

      • Sonia Luzi
        13 novembre 2010 à 12:36

        Bonjour,
        Il est vrai que le logiciel libre ne dispose pas des mêmes ressources que le logiciel propriétaire à cause de son modèle d’affaires et idéologie. Pourtant, il y a un engouement pour le logiciel libre et les statistiques le prouvent. Une nouvelle économie est en développement avec la cooptation (combinaison de coopération et concurrence) et la création de nouveaux métiers (techniques et non techniques). Cette effervescence devrait favoriser le développement d’un marketing adapté au logiciel libre et qui atteindra le public cible des décideurs dans l’approvisionnement de logiciels.

        Pour l’équipe entrepriselibre

    • Sonia Luzi
      10 novembre 2010 à 22:01

      Bonjour,

      Il est vrai que le logiciel propriétaire occupe une position enviable dans le quotidien des travailleurs et dans le cursus des institutions d’enseignement. Au-delà de cette constatation, la question de fond demeure «est-ce l’offre ou la demande de LL qui explique le peu d’omniprésence dans les entreprises?». Le principe de la saucisse Hygrade «Plus de gens en mangent parce qu’elles sont plus fraîches et elles sont plus fraîches parce que plus de gens en mangent.» apporte un embryon de réponse à la question. À défaut de légiférer en faveur du libre, une façon de promouvoir le LL consiste à créer un effet viral du type de la saucisse Hygrade. Dans ce paradigme, je perçois le décideur dans l’approvisionnement de logiciel comme le vecteur de la promotion du LL. Un décideur sensibilisé et formé aux avantages du LL optera pour l’approvisionnement ou le développement du LL, qui à son tour créera une demande de professionnels en TI qualifiés en LL, qui à son tour influencera la demande de cours/programmes de formation en LL, qui se traduira en diplomation d’étudiants en TI qualifiés en LL. Ces diplômés formeront à leur tour les décideurs de demain en matière d’approvisionnement de logiciel et le processus ira en s’amplifiant.

      Pour l’équipe entrepriselibre

      • 13 novembre 2010 à 13:42

        Bonjour,
        J’aime bien l’exemple des saucisses Hygrade 🙂 Cela représente bien la nature même du logiciel soit l’effet de réseau qui qui fait en sorte que plus il y a d’utilisateurs qui utilisent un logiciel, plus celui-ci devient attrayant.

        Une autre bonne façon de promouvoir les logiciels libres dans le milieu de l’enseignement serait en créant des associations ou des communautés dont le but est justement de promouvoir le logiciel libre en éducation. Il y a bien eu certaines initiatives comme Edu Linux mais ce projet semble aujourd’hui avoir été abandonné… Serait-ce envisageable de créer une communauté soutenue par l’ensemble du réseau scolaire québécois pour la promotion et l’utilisation de logiciels libres? (au lieu de n’avoir que quelques projets localisés)

  5. 10 novembre 2010 à 01:02

    ps: cybress = cyberpresse
    Désolé!

  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :