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Les systèmes de gestion de contenu libres

28 novembre 2010 3 commentaires

La création d’un site Web est maintenant plus facile que jamais en raison de système de gestion de contenu ou CMS (Content Management System). À l’aide d’un CMS vous pouvez créer et publier du contenu web, le présenter à votre public et ainsi l’archiver en toute sécurité.

Il existe énormément d’avantages associés à l’édition de vos pages en utilisant un système de gestion de contenu libre. L’optimisation du moteur de recherche nécessite la publication de plus de contenu et un CMS offre cette possibilité. Utiliser un CMS, permet d’économiser temps et argent en permettant aux responsables du contenu de publier eux-mêmes. Ceci élimine la nécessité pour les développeurs Web ou pour le département de TI de simplement ajouter du contenu sur votre site Web. En outre, un CMS apporte un design flexible et offre beaucoup d’options de personnalisation. Cette flexibilité se retrouve également dans la gestion des utilisateurs, puisque vous êtes en mesure de permettre ou de refuser l’accès à vos pages très facilement.

Dans la majorité des cas, le CMS se compose de deux parties différentes: une partie publique (partie visible/Front Office) et une partie administration (réservée aux webmestres/Back Office). Certains CMS permettent la gestion de droits, l’administrateur principal pourra ainsi décider qui pourra faire quoi sur le site (créer, modifier, supprimer du contenu). La plupart des CMS fonctionnent avec une base de données qui entrepose ainsi tous les données du site.

Les fonctionnalités varient d’un système de gestion de contenu à un autre. Idéalement, un CMS devrait offrir ces différentes fonctionnalités:

Contrôle des versions : Cette fonction permet à différentes personnes de travailler sur un même fichier, sans que les nouvelles modifications n’écrasent les précédentes. Chaque personne peut donc travailler sur un fichier sans devoir nécessairement se coordonner avec les autres pour éviter que les différentes versions ne se chevauchent. De même, le gestion des versions permet d’avoir un historique de toutes les modifications qui ont été faites sur une page et permet de ce fait de revenir à une version précédente si nécessaire (par exemple en cas d’erreur).

Gestion des profils : Cette fonction permet l’attribution de différents droits aux contributeurs d’un site en fonction de groupes ou de rôles. Chaque membre pourra ainsi contribuer de manière différente en fonction du droit qui lui aura été attribué (par exemple, des contributeurs pourront uniquement ajouter ou modifier du contenu qui peut par la suite être validé ou non par l’administrateur du site).

Chaîne de validation (workflow) : La chaîne de validation est ce qui va permettre aux différents membres d’une équipe de gérer les différents travaux en fonction d’actions telles que: soumettre, renvoyer pour correction ou approuver. Un bon système de gestion de contenu offrira différentes chaînes de validation en fonction de critères précis tels que la cible, le type, l’auteur, etc.

Support des métadonnées : Un système de gestion de contenu peut également offrir la possibilité de définir des métadonnées (donnée servant à décrire ou définir une autre donnée) pour les documents disponibles à l’intérieur du site. Ces métadonnées vont permettre une meilleure qualification et un meilleur classement des documents et va de ce fait rendre leur recherche plus facile.

Indexation et recherche : Un bon système de gestion de contenu doit permettre une recherche puissante non seulement en fonction d’entrées textes, mais aussi en fonction des métadonnées.


Voici quelques logiciels libres de type CMS présentement disponibles sur le marché :

Alfresco

AlfrescoAlfresco est une des alternatives open source de référence pour la gestion de contenu d’entreprise. Alfresco combine l’innovation du monde open source avec la stabilité et les performances d’une plateforme dédiée à l’entreprise.

La plateforme de contenu Alfresco utilise une architecture flexible basée sur des standards ouverts et propose des services de gestion des documents, de gestion des contenus web, de gestion des archives et des solutions collaboratives à 1 100  clients dans 40 pays. Des intégrations existent pour SAP, IBM Lotus, Microsoft Office, SharePoint et Google Docs. La plateforme Alfresco est conçue pour utiliser les toutes dernières composantes d’infrastructure open source, parmi lesquelles on compte Spring, Hibernate, Lucene, et MyFaces. et est basée sur la programmation orientée objet.

Le modèle de souscription à faible coût d’Alfresco permet aux entreprises de réaliser des économies considérables sur les frais récurrents de maintenance tout en leur permettant de poursuivre leurs activités habituelles avec leurs services de contenu. Alfresco ne facture pas les habituels frais de licence et son modèle extensible permet aux entreprises de toutes tailles de déployer la solution.

Alfresco Web Editor

TYPO3

TYPO3TYPO3 est un système de gestion de contenu open source écrit en PHP, créé en 1997 par le danois Kasper Skårhøj.  TYPO3 est publié sous la Licence publique générale GNU et fonctionne sur un serveur Apache ou IIS.

TYPO3 est une solution de gestion de contenu très appréciée par les services de communication. Il leurs permet de mettre à jour simplement le contenu de leur site Web, et ainsi de communiquer et échanger au quotidien avec les internautes.

TYPO3 intègre les dernières fonctionnalités du Web 2.0 et permet d’y associer des interfaces riches comme Ajax, Flex, etc.  Il dispose de nombreuses extensions (modules) permettant de personnaliser le site ou les contenus en fonction des profils des internautes : espace membre, actualités, forum, FAQ, newsletter, téléchargement de documents, flux RSS, interfaces avec les outils des réseaux sociaux (Facebook, Netvibes, Twiter, Flickr…)

TYPO3 est aussi très apprécié par les graphistes, car il n’enferme pas leur créativité dans des modèles ou des chartes « trop  rigides ou pré formatées ». Il permet de concevoir une charte graphique sans se soucier de « contraintes techniques » généralement associées au logiciel de gestion de contenu (CMS).

BackOffice TYPO3

eZ Publish

eZ PublisheZ Publish  est un système de gestion de contenu open source développé par la société norvégienne eZ Systems.  eZ Publish est disponible gratuitement sous la Licence publique générale GNU, ainsi que sous licences propriétaires qui incluent un support commercial.  Doté de fonctionnalités permettant la gestion simplifiée de contenus, les workflows, la gestion des versions, le multilinguisme, des fonctions collaboratives mais aussi des fonctions de e-commerce le tout au sein d’un système de classes paramétrables et extensibles.  La publication de contenu, de documents, de fichiers et de fichiers multimédia sont des fonctionnalités de base d’eZ publish.

Toute l’administration d’eZ publish s’effectue à travers une interface Web intuitive.   Aucune installation sur votre ordinateur n’est nécessaire.  L’accès à l’interface est géré par un puissant système de gestion de document vous donnant des droits de lecture, d’édition ou de publication.  eZ publish peut d’autre part être configuré pour permettre l’édition du contenu directement à partir du « site client » sans avoir besoin de se connecter à l’interface d’administration.

eZ Publish

Avez-vous déjà utilisé un système de gestion de contenu libre ( CMS) ? Si oui lequel?

Les logiciels libre et le e-commerce

21 novembre 2010 7 commentaires

Le logiciel libre a longuement été dans l’ombre du logiciel propriétaire, et ce, pour diverses raisons. Par contre, le logiciel libre étant désormais plus mature, les entreprises envisagent plus confortablement cette solution comme viable. Dans le domaine du e-commerce, de plus en plus d’entreprises souhaitent mettre en place leur activité via le logiciel libre ou veulent revoir leur solution actuelle afin de s’adapter aux nouvelles exigences des marchés. Selon l’étude de l’E-talling group-2009, un détaillant en ligne sur deux changera de plateforme dans les trois prochaines années. Le logiciel libre ayant gagné ses lettres de noblesses, cette solution sera davantage envisagée et prendra certainement de l’expansion.

Avant d’aller de l’avant avec le logiciel libre, les organisations devront tout d’abord effectuer une réflexion approfondie. Pour ce faire, ces derniers devront voir leur offre sous plusieurs angles et adopter une méthode d’analyse appropriée. Voici quelques questions clés auxquelles ils devront répondre pour leur permettre d’avoir une base solide de réflexion.

• Orienter : Comment amener des clients potentiels sur mon site? Comment les orienter facilement dans mes différents rayons?
• Informer : Comment présenter et valoriser mes produits? Comment mettre en avant mes produits phares?
• Transformer : Comment favoriser la mise au panier, comment encourager mon client à aller jusqu’au bout de son acte d’achat, comment améliorer mes ventes?
• Analyser : Comment suivre la performance commerciale de ma boutique pour l’améliorer? (source – SMILE)

Pour les entreprises, il est aussi important de voir le changement de leur plateforme comme un tout et de s’assurer de bien comprendre les différents enjeux du e-commerce dans les prochaines années. La vidéo ici-bas tirée du site toolinux présente une discussion (12 minutes) de quatre experts d’e-commerce sur le sujet. Ils abordent principalement les points suivant : les fonctionnalités, la performance et l’expérience d’achat.

Cliquer ici pour visualiser la vidéo

Dans l’extrait vidéo, Jérôme Relinger (responsable de l’offre Linstudio, Linagora) : «le web va devenir une couche d’échange commun entre différentes applications qui vont partager des standards ouverts et interopérables.» Avec ces nouvelles possibilités, les entreprises doivent effectuer un choix éclairé selon certains critères de base qui permettent de mettre en avant-plan l’expérience du client en utilisant les meilleures pratiques du marché. Selon la firme SMILE, spécialisée dans l’implantation de solution open source, les critères de base pour le choix d’une plateforme doivent considérer :

• La richesse fonctionnelle de l’outil (outil à l’état de l’art, fonctionnalités web 2.0, capacité à s’interfacer à d’autres solutions)
• L’architecture et les qualités techniques : environnement technique, modularité de l’outil, qualité du développement, tenue en charge, etc.
• La pérennité de l’outil (taille de la communauté, nombre de contributions, présence d’un éditeur, réseau de professionnels, etc…)

D’ailleurs, les logiciels open sources tels qu’OsCommerce, Prestashop, Magento et VirtueMart apportent des avantages intéressants, et ce, a plusieurs niveaux. En premier lieu, le fait d’offrir des licences gratuites est l’un des très grands avantages. En effet, si par exemple l’entreprise possède des employés qualifiés et qui détiennent les connaissances et compétences nécessaires afin de mettre en place une solution d’e-commerce, cela permettra à l’organisation de faire des économies très intéressantes. À défaut d’avoir une équipe de développement compétente pour mettre en place, comme la plupart des projets e-commerce open source ont une communauté, il est possible de faire appel à la communauté. En effet, plusieurs projets profitent d’un bassin important de développement qui détient des connaissances et compétences variées afin d’innover rapidement, et ce, afin de faire face à la compétition du logiciel propriétaire.

Pour prendre connaissance des différentes plateformes open sources d’e-commerce disponible sur le marché, nous vous invitons à consulter le magazine TripWire et le JournalDuNet. Ceux-ci regorgent d’informations pertinentes pour faire un survol global, mais complet des solutions d’e-commerce les plus connues dans le monde.

Selon vous quelles seraient les raisons qu’une grande entreprise évoquerait pour utiliser un logiciel propriétaire plutôt qu’open source?

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Les logiciels libres de formation

12 novembre 2010 3 commentaires

Ce billet est le deuxième volet de notre sujet sur la formation, qui portera sur les logiciels libres de formation. Ce sera donc un billet plus technique détaillant les différentes solutions de formation proposées par le libre.

Quelques logiciels de formation existants (LMS)

Avant de débuter la description des logiciels, prenons le temps d’expliquer en quoi consiste le LMS (Learning  Management System). Il s’agit d’un système qui accompagne les gens impliqués dans un processus d’apprentissage pour un parcours pédagogique en ligne. Des services sont offerts tels que le contrôle d’accès, les outils de communication, la gestion de la formation, la diffusion de contenu pré-établi, l’ordonnancement des contenus de formation, etc.

Il existe d’autres outils dont les LCMS, rapid e-learning et des plateformes de collaboration, mais pour les fins de ce billet, nous avons choisi de nous pencher davantage sur les LMS.

Claroline

Claroline est sans doute le LMS  le plus connu. Il est utilisé dans le domaine de l’éducation, mais l’est moins en entreprise. Il permet à plusieurs établissements scolaires de créer ou de gérer des formations et des espaces de collaboration en ligne. Pour plus d’information, cliquez ici.

Ganesha

Ganesha met l’accent sur le parcours individuel et le suivi des apprenants. C’est d’ailleurs ce qui le différencie des autres LMS qui sont plus orientés vers le contenu.

Moodle

Moodle est très populaire dans le domaine de l’éducation et ce, autour du globe. Il s’agit de sites Internet dynamiques pour les étudiants dans le même genre que le WebCt avec des forums, des boîtes de dépôt, etc.  D’ailleurs, plusieurs collèges et universités du Québec utilisent Moodle tels que le Collège Maisonneuve, l’Université Concordia, l’UQAM, l’Université de Sherbrooke et la Polytechnique. La communauté Moodle est l’une des plus importantes dans le domaine du e-Learning open source.

Docebo

Docebo s’interface avec d’autres logiciels permettant, entre autre, d’intégrer la vidéoconférence.  Il s’agit d’un projet dérivé du projet Claroline et plusieurs éditions sont disponibles telles que Free la version libre et gratuite à support limité.

Sakai

Sakai a été développé pour un contexte universitaire. En plus de contenir les fonctions d’un LMS classique, il propose des outils de collaboration dans le cadre de groupes de travail ou de recherche.

Les logiciels de formation et le domaine de l’éducation

Tel que mentionné ci-haut,  les logiciels libres de formation sont beaucoup utilisés dans le domaine de l’éducation. D’ailleurs, sur le site de l’Association Francophone des utilisateurs de logiciels libres, on lit la phrase suivante au sujet du logiciel libre pour la formation dans le domaine de l’éducation : « Du point de vue de la pédagogie de l’enseignement de l’informatique, appelé à se développer, l’accès au code source des programmes et à la connaissance des interfaces et des représentations utilisées pour les données est une ressource inestimable. »

Le choix d’une plateforme d’e-Learning

Il y a certains critères à considérer lors du choix d’une plateforme d’e-Learning. Le choix d’implanter un LMS provient d’abord d’un besoin de l’organisation. Avant tout, il importe de considérer 4 axes pour déterminer la fiabilité de l’implantation soit :

  1. les objectifs de la formation ;
  2. le contexte de la formation ;
  3. les apprenants concernés ;
  4. l’organisation de la formation.

Les critères d’évaluation

Les cinq critères d’évaluation à retenir  pour le choix d’un logiciel de formation sont :

  1. l’ergonomie du site : la clarté et la disposition des informations pour l’internaute;
  2. l’offre de formation : doit être riche et explicite et offrir une structure cohérente;
  3. la valeur de l’enseignement : la qualité des tests;
  4. les contraintes techniques : vérifier si le prestataire assure l’hébergement de la plate-forme et les ressources techniques que l’entreprise doit mettre en œuvre;
  5. la flexibilité des tarifs : les prix doivent s’adapter aux besoins de l’entreprise.

Les avantages à utiliser les logiciels libres de formation

  • ils offrent une grande flexibilité d’usage et de maintenance : les utilisateurs peuvent être multiples et simultanés sur une machine;
  • la disponibilité des codes sources permet de modifier les outils pour les adapter aux usages pédagogiques particuliers;
  • comme pour les autres types de logiciels libres, les logiciels de formation permettent de diminuer de façon importante les coûts;
  • puisqu’ils sont gratuits, leur diffusion et usage sont permis à l’ensemble des élèves et du personnel de l’établissement.

Connaissez-vous certains des logiciels présentés ci-dessous ?  Avez-vous eu la chance de les utiliser ? Tel qu’écrit dans un commentaire sur le billet précédent, Moodle est utilisé par l’école d’architecture de l’Université Laval. Peut-être verrons-nous d’autres départements suivre cette tendance ? C’est à suivre…

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Le logiciel libre et la formation

5 novembre 2010 10 commentaires

Capital humain

Les deux prochains billets proposent aux lecteurs d’aborder le logiciel libre sous l’angle de la gestion de la connaissance. La partie I du billet est une introduction à l’aspect stratégique du développement des compétences en TI. Quant à la partie II, elle fera une revue de différents logiciels libres soutenant l’activité de formation. Selon une perspective économique, les employés représentent une ressource importante de l’entreprise, soit un capital humain.  Ce type de capital géré adéquatement conduit à la créativité et à l’innovation. Géré inadéquatement, le capital humain s’érode sous l’effet de l’obsolescence et de l’inflation (hausse du niveau) des compétences. Le gouvernement du Québec a reconnu cette réalité en adoptant La loi favorisant le développement de la formation de la main-d’œuvre (Loi 90 ou Loi du 1 %).

Déficit de connaissances (Dc)

Dans un benchmark commandité par la société Actuate sur l’adoption du logiciel libre, 58,2 % des répondants perçoivent la disponibilité de ressources internes qualifiées en logiciel libre comme un frein. L’Asie fait état d’une situation similaire, mais prétend avoir mis en place des actions correctives pour combler le déficit de connaissances (Maîtrise des habiletés – Inventaire des habilités=Dc)1. L’écart entre l’offre et la demande de professionnels TI qualifiés en logiciel libre confirme un changement au sein des entreprises. Cette tendance est confirmée par les répondants français (61,6 %) du benchmark qui affirment privilégier ou considérer comme option l’approvisionnement d’un logiciel libre. Le groupe Gartner prévoit que, d’ici 2012, 80 % des logiciels commerciaux contiendront des composantes libres. Pour ne pas manquer le train, les entreprises et les professionnels en TI doivent s’outiller pour maîtriser le logiciel libre.

Un déficit de connaissances au niveau des acteurs de première ligne (professionnels en TI et gestionnaires) a un impact direct sur l’adoption du logiciel libre. Les professionnels en TI et les gestionnaires sont appelés à évaluer les critères (qualité, prix, mérite technique, fonctionnalités, coût total de possession, etc.) de sélection des logiciels. Cette observation ne minimise pas l’importance de la formation des utilisateurs et l’impact sur la gestion du changement. D’un point de vue pragmatique, le déploiement d’un nouveau logiciel, propriétaire ou libre, représente toujours un changement pour l’utilisateur.

Sources des besoins

Plusieurs facteurs sont responsables d’un déficit de connaissances en logiciel libre. Voici certains éléments déclencheurs identifiés via des articles sur le Web:

  • Les besoins du marché.
  • Lieux et parcours de formation insuffisants.
  • La gouvernance.

Les besoins du marché

Les organismes de formation (scolaire et formation continue) effectuent une opération de veille et ajustent l’offre de cours en fonction de leur lecture des besoins du marché. À leur tour, les apprenants influencent l’offre de cours en demandant des formations sur les logiciels (propriétaires et libres) jugés les plus populaires.

Plusieurs organismes de formation ont suivi la tendance du marché et offrent des cours basés sur le logiciel libre. Toutefois, il faut noter la présence non négligeable de logiciels propriétaires dans le cursus des organismes de formation. Plusieurs cours sont basés sur des logiciels propriétaires (PGI et gestion de projet). Des alliances (SAP University Alliances Community)  entre institutions d’enseignement et éditeurs permettent aux différentes parties prenantes d’y trouver leur compte. L’université obtient une subvention et l’éditeur le droit de promouvoir son produit et d’apposer sa marque sur le matériel pédagogique. Une certification sur un logiciel propriétaire prisé par les employeurs exerce un attrait sur l’étudiant soucieux d’augmenter son employabilité. Il faut se questionner si la formation sur des logiciels propriétaires ne produit pas l’effet opposé à celui de la mobilité. Une compétence en logiciel libre serait-elle un atout dans le CV d’un finissant cherchant à intégrer le marché du travail?

Parcours et lieux de formation

Le finissant a eu l’opportunité d’expérimenter les logiciels propriétaires et libres durant sa formation initiale. Qu’en est-il des professionnels en TI déjà sur le marché du travail? Peuvent-ils obtenir une certification pour tous les logiciels libres sur le marché? Quels sont les parcours et lieux de formation pour le logiciel libre?

Plusieurs pistes s’offrent aux gestionnaires et professionnels en TI intéressés à combler le déficit de connaissances en logiciel libre. Il existe deux parcours, la formation initiale (cégep et université) et la formation continue (ateliers, communautés de pratique, éditeurs, centre de recherche, académies, auto-formation, etc.). La formation initiale s’inscrit dans un programme (p. ex. MBA) et combine formation théorique et pratique. Quant à la formation continue, elle est axée sur une application concrète et pratique et conduit à l’obtention d’un certificat de participation. La formation continue sous-entend une responsabilité partagée entre l’employeur et de l’employé.

Certains marchés comme celui de l’Asie-Pacifique ont été pris de court par l’intérêt suscité par le logiciel libre. Les parcours et lieux de formation se sont avérés insuffisants pour faire face à la demande. Les entreprises et des représentants (Red Hat et IBM) de l’industrie du logiciel libre ont mis sur pied des initiatives (Open Source Collaborative Innovation) pour répondre au défi. La situation du marché de l’Asie-Pacifique est-elle un signe précurseur de la rareté des professionnels en TI qualifiés en logiciel libre?

Gouvernance

Un processus d’approvisionnement classique a tendance à exclure le libre du processus d’appel d’offres ou à évaluer incorrectement les aspects non techniques (qualité, support, flexibilité, pérennité, etc.) du logiciel libre. Cette pratique d’approvisionnement n’est plus adaptée au besoin de gouvernance et ne supporte pas les politiques d’approvisionnement favorisant (adoption-led market) le logiciel libre. Les gestionnaires et les professionnels en TI doivent s’outiller pour travailler dans un nouveau paradigme.

En attendant des politiques d’approvisionnement à l’exemple du IDABC European eGovernment Services, il faut doter les décideurs d’outils pour évaluer adéquatement les logiciels libres. Une bonne pratique consisterait à utiliser une matrice de décision avec des critères pondérés qui accorderaient une juste place aux aspects non techniques.

Outils de la formation

Le billet a présenté le logiciel libre sous l’angle de la mise en valeur du capital humain. Il a tenté d’identifier certaines sources de besoins de formation et des exemples de parcours de formation. La partie II du billet poursuivra la réflexion, cette fois en explorant les outils à la disposition des gestionnaires de la formation et des formateurs.

Note 1:  Aubé L. (2000). EDU 2700 : Planification de l’enseignement, UQAM, Monttréal.

Collaboration de l’équipe entrepriselibre